[Extraits et Citation] Croisière sur le Nil – Egypte – Part III

[Extraits et Citation] Croisière sur le Nil – Egypte – Part III

[Extraits et Citation] Croisière sur le Nil – Egypte – Part III

Avant de commencer notre croisière sur le Nil en Dahabiya, nous séjournerons à Louxor, à 3h de route à travers le désert depuis Safaga.

#1er Décembre

À quelques kilomètres de notre destination, changement de décor. Notre taxi traverse quelques petites villes dont la route est bordée d’arbustes à fleurs blanches, jaunes, ou encore fushia, avec de l’autre côté de la rive en arrière plan, de vastes champs de bananiers. Nous longeons un cours d’eau d’une propreté exemplaire, passons quelques points de contrôle sans embûche, quand notre chauffeur lance enfin « Welcome to Luxor » !

Ici, les habitants portent tous la djellaba dans des tons très sobres. Les routes sont bientôt encombrées de calèches au style anglais avec quelques décorations orientales dorées; puis 2, 3, et bientôt tout autant calèches que de voitures.

Le soleil d’hiver commence déjà sa descente sur le temple de Louxor. L’entrée est gardée par 2 statues colossales, et 1 obélisque se tient tout près d’elles. La cour centrale est déjà dans la pénombre, mais j’imagine que la lumière du soleil levant doit être beaucoup plus chatoyante. Comme beaucoup de temples, celui-ci aussi est en rénovation, mais derrière les échafaudages, on peut apercevoir des restes de peinture sur les frises. Une question s’impose : Pourquoi certaines figures ont-elles été peintes de bleu ?

#2 Décembre

Ce matin, nous traversons le Nil pour nous rendre à la Vallée des Rois. Des ferries, auxquels un coup de peinture ferait le plus grand bien, sont très fréquents et bon marché. 

Sur le chemin, les Colosses de Memnon dont le quartz baigne dans la lumière matinale, trônent seuls dans un champ, qui était autrefois recouvert par le temple funéraire d’Aménophis III.

Croisière sur le Nil
Notre 1ère halte est au temple de la reine usurpatrice Hatchepsout, qui accéda au trône de Pharaon (alors réservé à ces messieurs) en portant des tenues d’homme ainsi qu’une barbe postiche. Le clou de la visite est bien sûr, l’entrée de la tombe aux magnifiques gravures, et dont le plafond a conservé la peinture noire !

Plus haut, après avoir passé bon nombre d’ateliers sculptant l’albâtre, se trouve la Vallée des Rois. Les collines de sable et de roche, au milieu du désert, sont criblées de trous rectangulaires : Les tombes royales.
Celle de Séthi 1er, fermée au public pendant 25 ans, est de loin la plus belle. Figures, barques, animaux… La conservation des frises et des couleurs est unique. Le plafond dans la tombe est recouvert de peinture bleue, les murs à droite et à gauche de frises jaunes, et sur un côté de la voûte, une scène comme aucune autre : Taouret déesse hippopotame, un crocodile sur son dos, un taureau, un lion entouré d’étoiles….

La tombe de Ramses VI est tout aussi magnifique ! Le couloir qui mène à la 1ère salle est recouvert d’hiéroglyphes tous colorés de bleu, rouge, ou jaune vif. Les frises, représentant encore et toujours les dieux anciens, sont elles aussi dans un état incroyable. En fermant les yeux, nous pouvons presque imaginer le tombeau lors de sa création, ses murs intacts, la finesse des gravures, il ne manque plus qu’une torche enflammée, pour re-créer l’éclairage d’époque qui apparemment, change fortement la teinte des peintures.

Les autres tombeaux que nous choisissons de visiter, celui de Tausert et Seth-Nakht, de Mérenptah et celui de Ramsès III sont cependant moins bien conservées…

De retour sur la rive Est, c’est en calèche que nous allons vers le temple de Karnak.
L’entrée sur le site est bordée par plusieurs dizaines de béliers en statue, à l’effigie du dieu Khnoum. Passé les immenses murs, une cour, d’autres béliers, et au fond, d’immenses statues gardent le passage vers la salle hypostyle, où une centaine de colonnes, imposantes et hautes d’une vingtaine de mètres. Dans ce dédale de murs et de ruines, 1 bel obélisque, et l’ancien lac sacré, un joli point d’eau dans l’enceinte du temple.

«- Collier Monsieur ? Joli, Monsieur. Pas cher…
– Tu veux un scarabée, Madame ? Regarde… Grande reine… Beaucoup chance…
[…]
Hercule Poirot faisait de vagues gestes pour se débarrasser de cette nuée de mouches humaines.
Rosalie, elle, doublait le pas pour tenter de se dégager, comme une somnambule.
– Mieux vaut faire semblant d’être sourd et aveugle, marmonnait-elle.»

Mort sur le Nil, A. Christie

#3 Décembre

Le soleil brille. Le Nil, calme, est bordé d’une végétation luxuriante : Champs de bananiers, palmiers, arbres divers et variés, et de l’herbe d’un vert très vif.
Nous voguons enfin sur l’immense fleuve, à bord de notre Dahabiya, péniche égyptienne équipée de 2 grandes voiles. La décoration dans la chambre est d’époque : Boisée, nacrée et fleurie. Sur le pont, lui aussi de bois, une grande table entourée de chaises, des bancs, des coussins de sol et un hamac.
En s’accoudant sur les rambardes, on peut voir au loin de grands Hérons Cendré, des Aigrettes Garzette et Canards non identifiés…

Quelques instants plus tard, nous voilà devant le temple d’Esna.

Le chemin du retour se fera à travers le souq.

#4 Décembre

Le temple d’Edfou, dédié à Horus, est le mieux préservé de tous les temples d’Egypte. Son allée pavée et ses gigantesques murs couleur sable sont absolument magnifiques ! Chaque porte est gardée par un symbole de protection : Le disque au centre, entouré d’un cobra à droite et à gauche, également entourés d’une paire d’ailes. À l’intérieur, les murs sont recouverts de hiéroglyphes et de frises, racontant sûrement de belles histoires. Sous un plafond extérieur, nous rencontrons Nout, déesse du ciel à l’étrange posture. Et enfin, au centre du temple, se trouve une barque solaire.

Après-midi de marche pour le groupe, sur la frontière qui sépare la végétation du désert. Sur des parois rocheuses, des très très vieilles gravures… D’animaux. Taureaux, giraffes…
En longeant la route, de nombreuses camionnettes nous saluent par un coup de klaxon; puis nous arrivons dans un premier village nubien, où les enfants viennent nous accueillir avec grand enthousiasme ! Soudain, un homme apparaît sur son âne, alors qu’il ramène son buffle aux yeux exorbités, à son enclos.

Ce soir, le repas sera servi sur la berge. Les buffles et ânes domestiques sont repartis, et dans l’obscurité, notre table, est tout entourée de bougies. Le repas est servi.

Croisière sur le Nil

#5 Décembre

Matinée d’exploration sur le bord du Nil, où d’anciennes carrières de grès ayant servi à la construction de temples, demeurent. Les falaises sont par endroits, taillées, marquées de symboles d’appartenance à un groupe de travailleurs. Des tombeaux creusés, aux plafonds décorés de peintures, sont même visibles depuis le Nil.

À Kom Ombo, le soleil illumine d’une lumière puissante, le temple de Sobek, divinité à tête de crocodile. Considéré comme le Seigneur des eaux, la croyance était qu’il avait créé le Nil de sa transpiration, idée plutôt originale !
À 2 pas de là, le musée du crocodile, abrite derrière ses baies vitrées, une vingtaine de momies… De crocodiles, séchés, immenses et impressionnants. De petits sarcophages en contiennent eux aussi, et parmi tout cela, de minuscules reptiles, et même des oeufs.

Le soir, après avoir prit notre repas, l’équipage nous retrouve sur le pont. Il se met à chanter accompagné de percussions, une chanson égyptienne et nous nous retrouvons à danser en rond sur le rythme des tambourins, avec notre guide et notre très bon cuisinier.

#6 Décembre

Ce matin, nous débarquons sur la rive du Nil. Une camionnette en piteux état nous attend pour nous mener à Daraw, pour visiter son marché. Les fruits et légumes frais abondent sur les étals; il y a des cages à poules devant ce magasin, et là bas devant la boucherie, pendent de gros morceaux de viande. Dans la remorque de cette camionnette mal garée, un petit buffle me regarde. Notre guide nous emmène ensuite voir des dromadaires, prêts à être vendus lors du prochain marché.

Nous traversons El Koubania, un autre village nubien. Les murs aux couleurs vives ainsi que leurs habitants nous saluent en souriant, surtout les enfants. La marche au milieu de ces murs de sable et de boue se continue à travers des champs dignes des tropiques, escortés par un chien égyptien comme ceux présents sur les frises : Haut et svelte, le museau allongé, les oreilles pointues, de petits yeux rond et la queue enroulée.

*Après-midi navigation et goûter*

#7 Décembre

Il est temps de dire adieu à nos camarades du Nil, Canadien, Australiens, et Parisiens, et à l’équipage égyptien, car nous voilà débarqués dans Assouan. Nous partons à la recherche d’une felouque, avec laquelle nous voguerons jusqu’à l’île aux Fleurs et son impressionnant jardin botanique, puis l’île Éléphantine, où nous visiterons un village nubien, et nous retrouvons à tenir un petit crocodile entre les mains. Quelle drôle de sensation, ces écailles souples et tant de force dans un petit être !

Après une courte pause, nous voilà en direction du temple de Philaé. Nous achetons les tickets et nous retrouvons devant une flopée de bateaux taxis, pour accéder à l’île, où se trouve le temple.
La traversée est belle et le soleil embellit le paysage. Quelques Hérons Cendrés se reposent sur les gros rochers à la surface lisse, au bord de l’eau.
Débarqués sur le ponton, quelques pas nous emmènent devant le temple. Sa construction est similaire à celui d’Edfou : Murs en façade, halls et des salles joliment décorées mais aussi bien abîmées…

De retour dans le centre, nous partons voir l’énorme souq en face de notre hôtel. Beaucoup d’égyptiens s’y baladent, achètent un sac d’écolier, un manteau d’hiver, des fruits et légumes ou encore des viennoiseries typiques du pays semblables à nos chocolatines et pains aux raisins. Nous essaierons toute sorte de cacahuètes grillées et épicées au stand « grignotage » du souq qui a beaucoup de succès, ainsi que de petits gateaux secs à la boulangerie sans portes.

#8 Décembre

3h de route désertique nous séparent d’Abu Simbel, ultime destination de ce voyage.

Nous sommes chanceux, c’est un moment unique depuis notre arrivée en Egypte; nous sommes complètement seuls sur le site, seuls face au mondialement connu, temple d’Abu Simbel ! Sa façade, représente Ramses II, mais également sa femme et sa fille.
L’intérieur, est divisé en 3 parties. Au plafond, de grands faucons. En face, la 1ère salle hypostyle, couloir bordé de 8 grandes statues de Ramses II. Autour, sur les murs, des scènes de guerre, et enfin 5 petites salles décorées avec des scènes d’offrande, dont le plafond a été taillé dans la pierre. La 2nde salle, aussi hypostyle, est également décorée avec de belles scènes d’offrande. Au fond du temple, enfin, le sanctuaire où 4 statues trônent face au soleil : Ptah défiguré, Amon-Rê, Ramses II, et Horus.

À quelques pas, se trouve également le temps d’Hator.
La 1ère salle est elle aussi hypostyle mais les piliers sont cette fois à l’effigie de la déesse. Sur les murs, figurent Horus, Thot ainsi que Seth, très rarement représenté sur les frises des temples. D’autres scènes de guerre également, puis, dans la 2nde salle, une superbe représentation de la vache d’Hator sur une barque, au milieu des papyrus. Sur une autre frise pleine de poésie, Ramses II offre des fleurs de papyrus à la déesse Hator.

Voilà, demain sera une journée dédiée au repos, bien mérité.
Nous retournerons en France le jour qui suit.

J’espère que les articles sur l’Egypte vous ont plu et si c’est le cas n’hésitez pas à me donner votre avis en commentaire !

À bientôt !

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Comment ( 1 )

  • Clo

    Ccou Stéphanie. Nous venons de prendre connaissance de ton blog sur l Égypte pendant notre navigation entre funchal et Saint Martin ou nous devrions arriver le 17 janvier prochain. Nous avons fait cette croisière sur le nil,il y a déjà plusieurs années et c est bien agréable d actualiser nos souvenirs de voyages. Tu as fait de belles photos mais surtout tu nous fait un cours d histoire qui a du te demander beaucoup de documentation. Bisous et merci de continuer. Clo daniel

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