[Spécial] Expatriée en Islande : Quels changements ?

[Spécial] Expatriée en Islande : Quels changements ?

[Spécial] Expatriée en Islande : Quels changements ?

Bonjour à toi, cher lecteur !
Mon article d’aujourd’hui vient clôturer mes 6 mois en tant qu’expatriée, en Islande.
Pour célébrer ma dernière semaine ici, voici une petite liste qui vous donnera une idée plus claire de mon quotidien, de celui de la majorité des islandais, et surtout des plus grands changements, à tous les niveaux !

icone

La langue

l’Islandais… La langue nordique par excellence, la plus proche de l’ancienne langue viking ! Elle n’a absolument rien en commun avec notre langue latine, ce qui rend l’islandais absolument incompréhensible pour un francophone (et ils en profitent !!).
Leur alphabet étant un peu plus étoffé que le notre, leur clavier d’ordinateur en est donc different (ce qui m’a donné bien du mal à mon arrivée); il inclut les lettres ð, þ, et æ, ainsi que nos voyelles habituelles coiffées d’accents aigus á, é, í, ó, ú, ý sans oublier le ö.

Cette différence linguistique ne pose cependant aucun problème à ceux qui peuvent communiquer en anglais, car comme beaucoup de pays nordiques, les enfants grandissent avec la télévision (dessins animés entre autres) en anglais non sous-titré ! Résultat : Tous les islandais sont parfaitement bilingues !

La météo

Oui, la météo en Islande… Le point le plus important de cette liste !
La première chose que nous faisons au réveil est de consulter le site verdur.is, pour savoir à quel type de journée s’attendre (notre activité dépend des conditions météorologiques, ce qui rend ce point d’autant plus important).
À vérifier avant d’entamer sa journée :
– La force et le sens du vent (pour naviguer en sécurité)
– La couverture nuageuse (pour savoir si on enfile 1 ou 2 pulls)
– La quantité de pluie à venir (pour savoir si l’on va passer une sale journée et prévoir les habits waterproof)

La météo en Islande reste très changeante, et peut donner un combo « pluie-grêle-nuages-soleil-nuages-grêle-pluie »; il faut donc être préparé à toute éventualité !

Une journée ensoleillée en fin d’été peut complètement chambouler la vision que l’on a du paysage : Les couleurs sont vives, les paysages reprennent du relief, les nuages s’évaporent… Ces journées sont assez rares, et sont l’occasion d’enfiler ses chaussures de randonnée et un t-shirt.

Le début de l’hiver ajoute à ce petit rituel quotidien, l’option « aurore boréale », qui nous donne une échelle de 0 à 9 sur l’activité solaire, et la couverture nuageuse au dessus de l’Islande, car qui dit nuages, dit soirée au lit !

Également très important pour ceux qui prennent la route en été ou en hiver, le site road.is permet de vérifier l’état des routes, lors d’inondations en été, ou d’enneigement en hiver, grâce à une carte régulièrement mise à jour ainsi que des webcams éparpillées partout dans le pays.

Les saisons

En Islande, il y a 2 saisons, l’été et l’hiver.

Le premier jour d’été se fête le 1er Jeudi suivant le 18 Avril (assez étrange je vous l’accorde !). Les beaux jours arrivent, quelques flocons de neige peuvent malgré tout tomber jusqu’en Mai ! Le temps d’ensoleillement se rallonge jusqu’à ce que la nuit disparaisse. Beaucoup parleront du « soleil de minuit ». Concrètement, le soleil n’est pas comme en pleine journée, brillant de mille feux; le ciel est simplement bleu foncé, comme au crépuscule, et ce crépuscule remplace donc les heures de nuit noire. Pour arriver à s’endormir, les hôtels et habitations sont équipés de stores occultants car ici en Islande, vous ne trouverez pas de volets !

En hiver, les jours raccourcissent à vue d’oeil, et l’inverse se produit, la nuit est presque constante, sauf durant quelques petites heures où le soleil ne se lève jamais complètement.

Les habits

Le plus dur à été de troquer mes petites jupes, robes et shorts d’été contre 4 leggings, 4 jeans, 3 pulls, et 4 manteaux !

Ma tenue de travail en extérieur est toujours la même :
– Couche de base manches longues en mérinos 260 /Icebreaker + Doudoune / Patagonia + Veste en Gore-Tex (WaterProof et Windproof) / Patagonia.
– Legging en mérinos 260 / Icebraker + Legging de sport + Pantalon en Gore-Tex / IceWear
– Chaussettes coton ou en mérinos selon le poste + Bottines molletonnées WaterProof / Timberland
– Gants en mérinos ou Gants Waterproof / SealSkin

Ceci m’a permit de passer l’été sans ressentir la moindre fraicheur, ni  même la pluie !
Mais avec l’arrivée de l’hiver, une deuxième paire de chaussette n’est pas suffisante pour garder les pieds au chaud et une polaire par dessus le reste n’est pas de trop ! Un cache-cou protège les cervicales du vent glacial, et bien sûr le grand indispensable est : Le bonnet doublé en polaire (à tel point que mes collègues ont découvert ma vraie couleur de cheveux au bout d’un mois) !!

La nourriture

Les plats français me manquent beaucoup ! Le canard, la quiche lorraine… Cela fait 6 mois que je mange chaque semaine, la même chose : Pizza, pâtes, frites, oeufs, noodles et ainsi de suite !
Au travail, on nous sert de l’agneau (et même trop au point d’en faire une overdose), du poisson pané, du poulet, beaucoup de purée, souvent des patates, et quelques fois des légumes…

Mais de manière générale :

L’Agneau est la viande la plus commune en Islande, et se cuisine à toutes les sauces souvent accompagné de pommes de terre.
Le porc, et spécialement le porc effiloché est très apprécié par les islandais !

Trouver du homard et du poisson frais dans les restaurants est très facile, sans oublier le poisson séché (Harðfiskur) dont l’odeur est épouvantable, le requin du Groenland fermenté (Hákarl) qui n’est pas même mangé par les islandais, et malheureusement la baleine, surtout présente dans les restaurants pour atterrir dans l’assiette des touristes…

La viande de renne et d’oie sauvage est consommée par ceux qui sont autorisés à les chasser, celle de macareux est encore servie dans de rares restaurants.

Mes restaurants préférés à Reykjavik sont Sólon Bistro, et Svarta Kaffid pour les soirs un peu plus frais !
Au Sud-Ouest de l’Islande, dans la ville de Höfn, Z-Bistro sert sans hésitation les meilleures frites du monde, et Íshúsid Pizzeria est l’endroit parfait pour goûter les meilleures pizzas d’Islande, dans un cadre portuaire/industriel, et boissons à volonté !

En dehors des restaurants, très peu d’Islandais savent cuisiner (mais savent bien le faire quand c’est le cas !). La plupart d’entre eux et surtout les plus jeunes, achètent des plats préparés/surgelés et ne cuisinent presque jamais. Petite mention spéciale pour mon collègue (de 18ans) qui pensait que les oeufs se conservaient au congélateur et qui a enfumé la maison tous les soirs pendant presque 1 mois !

Quand aux fast-food, notre cher Mc Do a été banni du pays il y a très longtemps; c’est donc KFC qui règne en maître en Islande, très apprécié par mes collègues !

Le travail

Mes journées de travail sont réparties sur 3 postes : La billetterie, l’embarquement, et l’équipement.
La compagnie touristique pour laquelle je travaille est une des plus fréquentées du pays (voir la plus fréquentée tout court !), et se situe sur une étape majeure des circuits touristiques.

Les 30 ou 35 heures hebdomadaires françaises sont en comparaison, une franche rigolade.
Notre système est de 8 jours de travail pour 4 jours de repos. Le début à été dur, car le temps de m’ajuster à l’anglais au quotidien, au système informatique, à 30 nouveaux collègues, le vocabulaire islandais relatif au travail, mon cerveau suivait à peine. La saison haute est arrivée très rapidement et mes journées de travail allaient de 10h à 11h30 quand les comptes étaient incorrects. Après 8 jours à ce rythme, sous le vent, la pluie, et quelques tempêtes, les journées de repos sont synonyme de tâches ménagères, de courses, et surtout de grasses matinées.

Je n’ai jamais, absolument jamais été aussi fatiguée, épuisée par un travail ! Mais la différence entre avant, en France, et maintenant, ici, est que j’aime mon travail malgré sa difficulté !

L’autre différence est que le pays a besoin de main d’oeuvre, besoin de personnel qui parle d’autres langues que l’anglais ce qui permet a des personnes sans diplômes spécifiques ou peu de diplômes, de prouver leur valeur. Sachant qu’en France, même pour récurer les c*******, il faut bientôt être diplômé d’un BTS !

Je ne serais jamais assez reconnaissante envers l’Islande, et ma compagnie, qui m’ont enfin donné ma chance !

Les occupations

Avec ses magnifiques paysages, on pourrait penser que les islandais sont comme nous, surexcités à l’idée de randonner dans les montagnes, voir l’océan, observer les aurores boréales… Que nenni ! Marcher dans la rocaille, et voir une 1000ème aurore boréale ? Quel ennui ! Ils préfèrent de loin les jeux vidéos, ou jouer d’un instrument; quelques-uns s’intéressent aussi à la photographie. Pour les amoureux de chevaux, bien sûr, les balades à cheval sont une activité indispensable et quotidienne.
Mais leur plus grand passe temps ? Les réseaux sociaux, et spécialement Instagram !

Les distances

Autrement dit, l’isolement.
Pas de voisins, ou peut-être 1 ou 2. Pas de station essence, pas de poste, de pharmacie, de supermarché avant 70km. Pas de KFC avant 300km. Pas d’hôpital avant 400.
Le point positif ? Aucun embouteillage (15 voitures à la suite devient un embouteillage pour nous), ni de feu rouge sur des centaines de kilomètres ! Le bonheur !!
Je ne saurais pas vous dire ou est le cinéma le plus proche, ou même le bar le plus proche, et cela ne me gêne absolument pas ! On s’habitue au silence, au calme, aux vastes étendues, seulement peuplées d’animaux selon la saison. Et si c’était ça, la sérénité ?

Au final, après 6 mois en Islande, qu'est-ce qui a changé ?

Un rayon simple de soleil me réjouit, après des jours de pluie. Être trempée par une averse ne me met plus en rogne.
Les activités citadines (resto, bar, cinéma, et shopping) absentes, mon temps libre est utilisé pour faire des activités en extérieur; je découvre une faune et flore inconnue, m’extasie devant une petite fleur, seule au milieu des cailloux, un renne qui prend son repas dans notre jardin, et devant une aurore boréale alors que les islandais, eux, ne bougent pas du canapé.
Je me suis rendue compte que travailler 80h d’affilée était bien plus facile que d’en faire 35 quand on aime pas ce que l’on fait. Et pour rien au monde je ne souhaite revenir en arrière !
Le sentiment de liberté, quand passé la porte, on ne voit aucune station de métro, de foule, de bruit (sauf un tracteur de temps en temps), aucun immeuble, et aucun embouteillage pour aller au travail.
Et pour finir, un retour aux essentiels, loin des futilités citadines. Travailler, survivre à la météo, cuisiner, sans oublier les tâches ménagères, faire 1h30 de route pour faire ses courses, passer du temps avec ses amis en regardant un film, en faisant des soirées pub-quizz ou bingo, regarder les paysages changer chaque jour… Un retour aux essentiels imposé par un rythme de vie peut-être trop chargé, qui ne nous laisse pas de temps pour chercher des noises à son voisin ( et faut-il en avoir un !).

Enfin voilà ! Je serai sur la route de retour vers la France d’ici peu, et bientôt vers d’autres horizons (bien plus ensoleillés !), pour de nouvelles aventures !

Si vous avez des commentaires à me laisser à propos de cet article, n’hésitez pas !

Share post:

  • /

Comments ( 2 )

  • Sunwhere

    Merci pour ton partage d’expérience 🙂
    Assez surprise par ce côté très connecté des islandais, bien moins connectés à la nature que ce que je pensais. Mais comme tu parles souvent d’isolement, pour des natifs de ce pays assez isolé, c’est peut-être un bon moyen d’évasion et de lien social pour eux.
    En tout cas bravo pour tes 6 mois là-bas et plein de bonnes choses pour la suite !
    Julie – sunwhere.fr

    • Stéphanie

      Merci beaucoup pour ton commentaire Julie !!
      Effectivement ils peuvent être très protecteurs envers certaines espèces et certains côtés de leur environnement, et se ficher complètement de ce qu’il reste. Quand on leur parle de randonnée dans les montagnes et d’aurores, ils répondront que c’est normal, et que c’est toujours pareil !! ^^ Ils sont habitués, comme nous nous pouvons l’être des buildings, des embouteillages, et du métro plein à craquer !! Pour ce qui est des réseaux sociaux, tu as sûrement raison, c’est un mode de communication, tout comme un passe temps !! 🙂

      Merci encore pour ton retour sur l’article, je regarderai plus en détails ton blog dès que j’ai la tête au calme, car pour l’avoir survolé, il à l’air vraiment très très bien !!

      A très vite ! 😉

Leave A Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *